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En 2016 nous, Marie-Claude et moi, avons commencé notre aventure avec Socfin et aussi commencé ce blog pour garder une trace de nos expériences. Le Congo n’était pas tout à fait nouveau pour nous car c’est le pays natal de Marie-Claude et nous y avons vécu plusieurs années lorsque le pays était encore appelé Zaïre avec le Maréchal Mobututu Sese Seko comme président.
Sur le point de prendre ma retraite, j’ai souhaité faire une dernière mission à Brabanta, la plantation ou Marie-Claude et moi avons vécu 5 ans avec les aventures que vous connaissez si vous avez lu nos récits précédents. Malheureusement il n’a pas été possible pour Marie-Claude de m’accompagner dans cette visite de clôture, mais je ne suis pas venu seul pour autant car je suis accompagné de ma remplaçante qui reprend la charge du département de conformité groupe.
Ma remplaçante est d’origine africaine, mais n’a jamais visité l’Afrique avant de rejoindre Socfin, ayant vécu avec sa famille en Guyane anglaise et au Québec avant de se lancer dans sa vie professionnelle qui l’a amenée aux USA, Quatar et Europe. L’Afrique est donc une toute nouvelle expérience pour elle et il va sans dire que le Kasaï congolais est une découverte pour le moins nouvelle.
Mon entrée au Congo est relativement simple car je dispose d’un visa permanent, obtenu grâce au lieu de naissance de Marie-Claude et de nos nombreuses années dans le pays. Ce n’a pas été aussi simple pour ma remplaçante que, non contente d’avoir un visa volant valable seulement 7 jours, a changé son passeport la veille de notre départ et son numéro de passeport ne correspondait donc plus avec celui qui avait été donné pour la demande de visa. Ici au Congo tout problème a une solution, mais je ne suis pas certain que celle-ci soit un exemple même de la conformité que nous sommes supposés prêcher…
A Kinshasa, le trafic ne s’est pas arrangé, pour dire le moins, et au lieu de l’heure habituelle nécessaire pour rejoindre notre hôtel en fin de soirée, nous avons mis trois bonnes heures pour rejoindre notre logement. Nous sommes logés dans un hôtel relativement neuf avec un nom bien approprié puisqu’il s’agit du Novotel, qui correspond (encore) tout à fait aux hôtels de la même chaine en Europe. Tout à fait, peut-être pas car l’enregistrement se fait à la congolaise, long et compliqué.
Le lendemain, la route jusqu’à l’aéroport de Ndolo d’où nous prenons notre vol vers Mapangu est elle aussi nettement plus longue que par le passé, le résultat de travaux éparpillés et non complétés (par exemple une rue est asphaltée mais le caniveau à la jonction avec la route suivante est laissé ouvert obligeant les voitures à faire demi-tour pour trouver une autre voie). L’état des véhicules circulant dans la ville n’aide pas car ils tombent régulièrement en panne (de préférence au milieu de la route) et tout le monde essaye de passer pour finir par tout bloquer.
A Ndolo rien n’a changé, si ce n’est pas piste de l’aéroport qui a été entièrement refaite pour accueillir le pape il y a quelques années et qui n’est plus le champ de patates qui nous désossait au décollage ou à l’atterrissage. Sans surprise l’aéroport était sans courant, mais comme dans ces vols intérieurs il n’y a pas vraiment de contrôle de sécurité, la seule différence est que le contrôle manuel des sacs se fait dans le noir… Le personnel de Ndolo n’a pas trop changé et j’y ai donc retrouvé plusieurs fonctionnaires qui me connaissaient et qui continuent de m’adresser comme DG (que je ne suis plus au Congo depuis 5 ans).
Notre vol, direct vers la plantation, s’est passé sans problèmes et même mieux que prévu car il n’y avait pas grand monde pour nous accueillir à l’aéroport car nous sommes plus habitués à une arrivée tardive qu’en avance comme cette fois-ci.
Cela n’a pas empêché notre médecin du groupe, qui était en visite à Mapangu avant nous et devait reprendre le même avion pour rentrer à Kinshasa, de presque rater le vol. Lui et son épouse sont arrivés royalement un quart d’heure en retard et ont dû se précipiter dans l’avion dont le pilote avait déjà démarré un des moteurs. Dans la cohue il semble qu’il y ait une personne qui a embarqué dans l’avion à l’insu de tous et ce n’est qu’à l’escale d’Ilebo qu’ils ont découvert qu’il y avait un passager clandestin qui s’est fait arrêter par les autorités locales avant de pouvoir poursuivre son voyage vers Kinshasa.
La voiture que j’ai utilisé pendant les 5 années de vie à Mapangu roule toujours malgré son âge respectable (16 ou 17 ans), mais on a jugé qu’il serait plus approprié de me donner une autre voiture (car ici je conduis moi-même plutôt que d’immobiliser un chauffeur) qui est vaguement en meilleur état (il faut être très persuasif pour la démarrer, certaines vitesses ne passent plus et il faut pomper sur la pédale de freins pour arrêter le véhicule, ah oui et une des portières est condamnée) et permet de circuler dans la plantation.
J’avais oublié combien les pistes de la plantation pouvaient être mauvaises en saison de pluies, je ne me suis heureusement pas encore embourbé, mais il s’en est fallu de peu à plusieurs reprises. Reprises que la voiture n’a d’ailleurs plus du tout et il vaut mieux ne pas s’arrêter dans une zone sableuse, surtout si elle est en pente (montante). Dans ces conditions la seule solution est de faire marche arrière et prendre un meilleur élan.
Nous sommes logés à la Cathédrale, notre ancienne demeure de Marie-Claude et moi, où j’occupe aussi notre ancienne chambre. Peu de choses ont changé dans la maison, les décorations apportées par Marie-Claude sont toujours en place et j’ai un peu l’impression de reprendre les choses là où nous les avions laissées en quittant Mapangu il y a cinq ans.
Il en va de même avec les collègues dans les différents services que nous avons visité où je suis accueilli comme si j’étais encore le DG et où ils me demandent si je vais revenir. Ce n’est pas très chic vis-à-vis du DG actuel qui fait un excellent travail, mais manifestement entretient une relation différente avec les travailleurs. Je ne suis du reste pas certain que ce soit ma personne qu’ils regrettent ou les différentes actions sociales que j’avais mis en place (lampes Wakawaka, matelas en mousse, téléphones portables, bicyclettes, etc.) qui étaient mise à disposition des travailleurs payables en mensualités. Il semblerait que seule la vente de produits alimentaires de base (maïs, poudre de lait, boîtes de sardine, farine, etc.) ait été continué par mes successeurs, mais pas les autres petits services que j’avais mis en place. Chaque fois que je revois les anciens collègues, ils sont heureux de me revoir et souhaitent avoir une photo avec moi, puis immédiatement demandent si je ne puis pas intercéder auprès du DG actuel pour remettre à l’ordre du jour les « autres » avantages qu’ils avaient.
Il y a plein d’améliorations qui ont été apportées à la plantation, mais j’ai quand même l’impression d’être juste parti et que je pourrais reprendre les choses là où je les avais laissées. Il y a des améliorations indéniables qui ont été apportées aux procédures et infrastructures et d’autres semblent avoir été oubliées dans la transition, ce qui montre combien il est difficile d’assurer une continuité quand la direction change régulièrement. J’espère que je ferai un meilleur travail dans la transmission de mon travail de conformité avec ma remplaçante, mais il est impossible de penser à tout et chacun à son style et sa manière de travailler, donc pas de regrets.
Le DG actuel a toutefois une approche très similaire à celle que j’avais, à savoir se focaliser sur l’outil de production et le personnel, et non comme certains sur leur confort personnel. Mes prédécesseurs passaient beaucoup de temps à Kinshasa, où ils avaient une belle villa et des sorties dans des restaurants tous les jours pour des besoins de représentation, une voiture bien comme il faut et des visites occasionnelles en plantation pour justifier leur titre de DG. Le DG actuel vit en plantation et va rarement à Kinshasa, il n’a pas acheté de nouvelle voiture pour la plantation tant que les véhicules existants fonctionnent encore raisonnablement et occupe le même bureau que j’avais aménagé dans un bâtiment en ruine à côté de l’huilerie.
J’avais commencé à réaliser des forages dans différentes parties de la plantation, car l’eau potable est un problème majeur pour Brabanta, et le DG actuel continue sur cette lancée pour graduellement assurer un approvisionnement en eau aux quelques 20.000 personnes qui vivent dans la plantation. C’est un projet de longue haleine, pas vraiment aidé par le gouvernement provincial qui y voit une source potentielle de taxation, mais nous avons la population avec nous et les contrôleurs fiscaux ont bien du mal à justifier des demandes de paiement de la population qui sait que ce n’est pas à eux qu’ils doivent ces installations.
Malheureusement, Brabanta est la seule entreprise de taille dans la province du Kasaï (120.000 km² – soit plus de 3 fois la Belgique) et donc la vache à lait de la province. Heureusement les autorités ne font aucun effort pour entretenir les routes et il leur est donc difficile de venir jusqu’ici pour trouver des prétextes pour nous faire payer. Difficile ne veut pas dire impossible, donc malheureusement il y a régulièrement des fonctionnaires qui arrivent avec des mandats parfois tout à fait hors de la réalité.
Récemment, le gouvernement a décidé de revaloriser les salaires minimums pour les entreprises privées et pour ne pas faire dans la dentelle le salaire minimum a été multiplié par 3. Ce salaire minimum ne s’applique pas à la fonction publique, car ils seraient incapables de payer de tels montants et même les salaires actuels sont souvent payés avec 2-3 mois de retard. Pour une plantation qui arrive à peine a équilibrer sa trésorerie dans les bonnes années, cette annonce est la mort assurée de Brabanta et des autres entreprises agro-industrielles, donc il va falloir se battre pour obtenir une révision de cette loi si l’on veut que la plantation survive…
Ce matin, dimanche, mes collègues sont encore dans leurs plumes et j’en profite pour aller faire une balade en plantation du côté des terrasses. Normalement avec des palmiers qui ont 14-15 ans il ne devrait pas être possible de voir beaucoup, vu leur taille, mais malheureusement les conditions de croissance dans les terrasses ne sont pas idéales, loin de là, les palmiers sont plutôt chétifs permettent de profiter de vues magnifiques sur les collines voisines, si ce n’est des palmiers souffreteux qui font un peu pitier.
Les explications pour avoir des palmiers moins que resplendissants sont multiples, d’abord ils ont été plantés sur du sol décappé après avoir formé les terrasses, sol qui au départ est principalement du sable et donc peu fertile. Ensuite il y a les conditions climatiques avec une sécheresse très prononcée et de surcroit une nutrition limitée car l’engrais coute cher et la plantation a des moyens financiers limités. Pour ne rien arranger, les palmiers de Brabanta ont été touchés par une maladie qui affaiblit voir tue les palmiers, et ceux qui survivent restent gringalets pendant longtemps.
Pourtant, dès que les choses sont laissées à la nature, celle-ci reprend rapidement possession des lieux avec pour preuve le parc de la Cathédrale où le terrain de tenis (pourtant constitué d’une épaisse couche de termitières tassées) est difficile d’accès tellement la végétation y a poussé.
Les arbres fruitiers qui avaient été plantés derrière le terrain de tenis ont disparu dans une végétation luxuriante et les petits arbres plantés par Marie-Claude sont devenus majestueux.
Devant la Cathédrale nous avions planté trois palmiers du voyageurs dont un, situé juste devant la cuisine et profitant probablement des eaux de vaisselle, est devenu énorme et dépasse presque le toit de la maison, tandis qu’un autre, juste de l’autre côté de la pelouse, n’a quasi pas bougé depuis qu’il a été planté et m’arrive à peu près à la taille.
La piscine que nous avions aménagé à côté de la maison a disparu, il ne reste que le filtre qui, selon le cuisinier, ils n’ont pas réussi à déplacer parce qu’il est trop lourd. Il est certain que ce serait plus facile si le sable qui se trouve dans le filtre était retiré avant d’essayer de le bouger…
Notre voyage de retour vers Kinshasa a été retardé à cause d’un gros orage qui a éclaté juste au moment ou l’avion devait atterir sur la piste de la plantation. Au lieu de cela il a continué son vol jusqu’à Ilebo où, malgré le fait que ce n’est qu’à une quarantaine de kilomètres, il ne pleuvait pas.
L’avantage est que notre vol a été direct sur Kinshasa sans devoir passer par les formalités de l’aéroport d’Ilebo ou théoriquement nous ne ferions que transiter mais c’est sans compter l’opportunité de percevoir une taxe d’une forme ou d’une autre en vérifiant nos passeports.
Arrivés à Kinshasa nous avons une fois de plus du affronter le traffic dantesque où personne ne respecte les feux (quand ils marchent) ou les policiers qui essayent vainement de faire respecter les règles de circulation.
A chaque carrefour les voitures venant de tous les sens s’engagent et finissent par bloquer le tout irrémédiablement pendant parfois de heures.
J’étais heureux de me replonger brièvement dans le cahos du Congo, mais encore plus content d’en sortir même si parfois les conditions de circulation ne sont pas bien meilleures en Belgique…









In 2016, Marie-Claude and I began our adventure with Socfin and also started this blog to keep track of our experiences. Congo was not entirely new to us, as it is Marie-Claude’s native country and we lived there for several years when the country was still called Zaire, with Marshal Mobutu Sese Seko as president.
As I was about to retire, I wanted to do one last assignment in Brabanta, the plantation where Marie-Claude and I lived for five years, with the adventures you know about if you have read our previous stories. Unfortunately, Marie-Claude was unable to accompany me on this final visit, but I did not come alone, as I am accompanied by my successor, who is taking over as head of the group compliance department.
My sucessor is of African origin but had never visited Africa before joining Socfin, having lived with her family in British Guiana and Quebec before embarking on her professional life, which took her to the United States, Qatar and Europe. Africa is therefore a completely new experience for her, and it goes without saying that the Congolese Kasai is a new discovery to say the least.
My entry into Congo is relatively simple because I have a permanent visa, obtained thanks to Marie-Claude’s place of birth and our many years in the country. It was not so simple for my successor, who, not content with having a temporary visa valid for only seven days, changed her passport the day before our departure, meaning that her passport number no longer matched the one given on the visa application. Here in Congo, every problem has a solution, but I’m not sure that this one is an example of the compliance we are supposed to implement…
In Kinshasa, the traffic has not improved, to say the least, and instead of the usual hour it takes to reach our hotel in the late evening, it took us a good three hours to get to our accommodation. We are staying in a relatively new hotel with a very appropriate name, the Novotel, which is (still) very much in line with the hotels of the same chain in Europe. Well, perhaps not, because the check-in process is done the Congolese way, which is long and complicated.
The next day, the journey to Ndolo airport, where we catch our flight to Mapangu, is also much longer than in the past, due to scattered and unfinished roadworks (for example, one street is asphalted but the drain at the junction with the next road is left open, forcing cars to turn around to find another route). The condition of the vehicles circulating in the city does not help, as they regularly break down (preferably in the middle of the road) and everyone tries to get past, ending up blocking everything.
In Ndolo, nothing has changed, except for the airport runway, which was completely rebuilt to welcome the Pope a few years ago and is no longer the potato field that used to shake us to pieces during take-off and landing. Unsurprisingly, the airport had no power, but as there are no real security checks on domestic flights, the only difference is that the manual baggage checks are done in the dark… The staff at Ndolo haven’t changed much, so I met several officials who knew me and who continue to address me as DG (which I haven’t been in Congo for five years).
Our flight, direct to the plantation, went smoothly and even better than expected, as a consequence there were not many people to welcome us at the Brabanta airstrip because they are more used to arriving late than early and had not arrived at the strip yet, while this time we landed almost 15 minutes early.
This did not prevent our group doctor, who had been visiting Mapangu before us and was due to take the same plane back to Kinshasa, from almost missing the flight. He and his wife arrived a quarter of an hour late and had to rush onto the plane, whose pilot had already started one of the engines. In the commotion, it seems that someone boarded the plane without anyone noticing, and it was only at the stopover in Ilebo that they discovered there was a stowaway, who was arrested by the local authorities before he could continue his journey to Kinshasa.
The car I used during my five years living in Mapangu is still running despite its respectable age (16 or 17 years old), but it was decided that it would be more appropriate to give me another car (because here I drive myself rather than having a driver) that is in slightly better condition (you have to be very persuasive to start it, some gears no longer work and you have to pump the brake pedal to stop the vehicle, oh yes, and one of the doors is stuck), but it is good enough to drive around the plantation.
I had forgotten how bad the plantation tracks can be in the rainy season. Fortunately, I have not got stuck in the mud yet, but I have come close several times. The car has no power at all, and it is beter not to stop in a sandy area, especially if it’s on a slope (uphill). In these conditions, the only solution is to reverse and get a better run-up.
We are staying at the Cathedral, Marie-Claude’s and my former home, where I am also staying in our old bedroom. Little has changed in the house; the decorations Marie-Claude brought are still in place, and I feel a little like we are picking up where we left off when we left Mapangu five years ago.
The same is true of our colleagues in the various departments we visited, where I am welcomed as if I were still the GM and asked if I am coming back. This is not very fair to the current GM, who is doing an excellent job but clearly has a different relationship with the workers. I’m not sure whether it’s me they miss or the various social initiatives I put in place (Wakawaka lamps, foam mattresses, mobile phones, bicycles, etc.), which were made available to workers on a monthly payment plan. It seems that only the sale of basic foodstuffs (corn, milk powder, tins of sardines, flour, etc.) has been continued by my successors, but not the other small services I had put in place. Whenever I see my former colleagues, they are happy to see me again and want to have their photo taken with me, then immediately ask if I can intercede with the current GM to put the “other” benefits they had back on the agenda.
There have been many improvements made to the plantation, but I still feel like I just left and could pick up where I left off. There have been undeniable improvements to procedures and infrastructure, and others seem to have been forgotten in the transition, which shows how difficult it is to ensure continuity when management changes regularly. I hope I will do a better job of handing over my compliance work to my replacement, but it is impossible to think of everything and everyone has their own style and way of working, so I have no regrets.
However, the current GM has a very similar approach to mine, namely focusing on production tools and staff, rather than on personal comfort, as some do. My predecessors spent a lot of time in Kinshasa, where they had a beautiful villa and went out to restaurants every day for entertainment purposes, a nice car and occasional visits to the plantation to justify their title of GM. The current GM lives on the plantation and rarely goes to Kinshasa. He has not bought a new car for the plantation as long as the existing vehicles are still working reasonably well, and he occupies the same office that I had set up in a dilapidated building next to the oil mill.
I had started drilling wells in different parts of the plantation, as drinking water is a major problem for Brabanta, and the current GM is continuing this work to gradually ensure a water supply for the 20,000 or so people who live on the plantation. It is a long-term project, not really helped by the provincial government, which sees it as a potential source of taxation, but we have the population on our side and the tax inspectors find it difficult to justify demands for payment from the population, who know that they do not owe these facilities to them.
Unfortunately, Brabanta is the only large company in the province of Kasaï (120,000 km² – more than three times the size of Belgium) and therefore the province’s cash cow. Fortunately, the authorities make no effort to maintain the roads, so it is difficult for them to come here and find excuses to make us pay. Difficult does not mean impossible, so unfortunately there are regularly officials who arrive with mandates that are sometimes completely unrealistic.
Recently, the government decided to raise the minimum wage for private companies, and to make sure they did not do things lightly, the minimum wage was tripled. This minimum wage does not apply to the civil service, as they would be unable to pay such amounts and even current wages are often paid two to three months late. For a plantation that barely manages to break even in good years, this announcement spells certain death for Brabanta and other agro-industrial companies, so we will have to fight to get this law revised if we want the plantation to survive…
This Sunday morning, my colleagues are still in bed, so I’m taking the opportunity to go for a walk around the plantation near the terraces. Normally, with palm trees that are 14-15 years old, it shouldn’t be possible to see much, given their size, but unfortunately the growing conditions on the terraces are far from ideal. The palm trees are rather puny, offering magnificent views of the neighbouring hills, except for the sickly palm trees, which are a little pitiful.
There are many reasons why the palm trees are less than resplendent. Firstly, they were planted on soil that had been stripped after the terraces were formed, soil that is mainly sand and therefore not very fertile. Then there are the climatic conditions, with severe drought and, in addition, limited nutrition because fertiliser is expensive and the plantation has limited financial resources. To make matters worse, the palm trees in Brabanta have been affected by a disease that weakens or even kills them, and those that survive remain stunted for a long time.
However, as soon as things are left to nature, it quickly reclaim the area, as evidenced by the Cathedral Park, where the tennis court (despite being made up of a thick layer of compacted termite mounds) is difficult to access because the vegetation has grown so thick.
The fruit trees that had been planted behind the tennis court have disappeared into lush vegetation, and the small trees planted by Marie-Claude have grown majestic.
In front of the cathedral, we had planted three traveller’s palm trees, one of which, located just in front of the kitchen and probably benefiting from the dishwater, has grown enormous and almost exceeds the roof of the house, while another, just across the lawn, has hardly moved since it was planted and is about my height.
The swimming pool we had built next to the house has disappeared, leaving only the filter, which, according to the cook, they have not been able to move because it is too heavy. It would certainly be easier if the sand in the filter were removed before trying to move it…
Our return trip to Kinshasa was delayed due to a heavy storm that broke out just as the plane was about to land on the plantation runway. Instead, it continued on to Ilebo where, despite being only about 40 kilometres away, it was not raining.
The advantage was that our flight was direct to Kinshasa without having to go through the formalities at Ilebo airport, where theoretically we would only be transiting, but that’s without counting on the opportunity authorities have to collect some form of tax by checking our passports.
Once we arrived in Kinshasa, we once again had to face the hellish traffic where no one respects the traffic lights (when they work) or the police who try in vain to enforce the traffic rules.
At every intersection, cars coming from all directions just push forward and end up blocking everything irretrievably, sometimes for hours.
I was happy to briefly immerse myself in the chaos of the Congo, but even happier to leave it behind, even if traffic conditions are not much better in Belgium…
















































































